Abordabilité résidentielle au Québec : ce que révèle la nouvelle étude de l’APCIQ
L’abordabilité des maisons au Québec est au cœur de toutes les conversations. Mais qu’en est-il réellement? L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) vient de publier, en novembre 2025, une étude majeure, qui dresse un portrait clair de la situation.
Nous vous présentons les points importants. Vous pouvez consulter l’étude complète ici.
Faits saillants de l’abordabilité résidentielle au Québec
Des prix qui montent beaucoup plus vite que les revenus
Selon l’étude, le constat est sans équivoque : dans la majorité des régions, le prix médian des maisons unifamiliales a plus que doublé en 10 ans, tandis que les revenus après impôts n’ont augmenté que d’environ 15 % à 25 %.
Autrement dit : le pouvoir d’achat ne suit plus le marché immobilier.
Cette dynamique crée un écart qui devient difficile à combler pour les ménages, même ceux dont la situation financière est stable.
La mise de fonds : l’obstacle numéro un
L’étude souligne que la mise de fonds est l’un des plus grands freins à l’achat.
- La mise de fonds minimale a plus que doublé depuis 2015 dans la plupart des régions.
- À l’échelle provinciale, elle est passée d’environ 11 500 $ à 24 510 $.
- Près de la moitié des maisons vendues dépassent maintenant 500 000 $, contre seulement 5 % en 2015.
Conséquence directe : le temps nécessaire pour économiser une mise de fonds s'est allongé lui aussi. Alors qu’il fallait 2 à 3 ans pour économiser 5 % du prix d’achat en 2015, il faut maintenant environ 5 ans au niveau provincial et plus de 10 ans sur l’Île de Montréal.
C’est un retour en arrière important en matière d’accessibilité.
Les mensualités hypothécaires explosent elles aussi
Même lorsque la mise de fonds est atteinte, le défi ne s’arrête pas là.
Les mensualités hypothécaires, calculées pour une maison au prix médian avec 10 % de mise de fonds, ont doublé, parfois triplé, en une décennie.
- Régions périphériques : environ 1 500 $ ou moins par mois
- Régions centrales (Mauricie, Chaudière-Appalaches, Centre-du-Québec) : 1 500 $ à 2 000 $
- Capitale-Nationale, Estrie, Outaouais, Lanaudière : 2 000 $ à 2 500 $
- Île de Montréal : de 3 500 $ à 4 000 $
Ces écarts témoignent d’un marché qui évolue à plusieurs vitesses et où certaines régions deviennent pratiquement inaccessibles pour la classe moyenne.
Le ratio hypothèque/revenu double en 10 ans
Un autre indicateur clé, mis de l’avant par l’APCIQ, est le poids que représentent les versements hypothécaires dans le revenu familial.
- Au provincial, ce ratio est passé de ~15 % en 2015 à ~32 % en 2025.
- Dans certaines régions plus coûteuses, il atteint ~48 %, un seuil considéré comme très difficile à soutenir.
- À l’inverse, quelques régions périphériques (Abitibi-Témiscamingue, Côte-Nord, Gaspésie) maintiennent un ratio sous 20 %, ce qui les rend significativement plus abordables.
Un fossé régional qui se creuse
Dans son communiqué, l’APCIQ résume la situation ainsi : le fossé entre les régions du Québec se creuse.
Alors que certaines régions demeurent relativement accessibles, d’autres s’éloignent rapidement de la portée des ménages québécois, même ceux avec un bon revenu.
Trois raisons principales expliquent cette détérioration :
- Une demande toujours très forte pour les maisons unifamiliales
- Un niveau de construction insuffisant et des coûts de construction élevés
- Des propriétaires qui conservent leur propriété plus longtemps, réduisant l’inventaire disponible
Dans l’ensemble, rien n’indique une amélioration rapide à court terme.
Ce que cela signifie pour les acheteurs
Ces constats ont plusieurs implications concrètes :
- Planifier tôt est devenu essentiel. L’épargne de la mise de fonds demande maintenant plusieurs années, parfois une décennie.
- Le choix de la région est plus stratégique que jamais. Certaines régions offrent encore des opportunités abordables.
- Les attentes doivent être réalistes. Le marché actuel exige flexibilité et ouverture.
- Le rôle du courtier immobilier est crucial. Son expertise aide à interpréter les données régionales, évaluer les options et éviter de mauvaises décisions.
En conclusion : un marché qui demande une nouvelle approche
L’étude de l’APCIQ nous rappelle une chose importante : l’accès à la propriété n’est plus uniforme au Québec.
Si certaines régions offrent encore des fenêtres d’opportunités, d’autres demandent une planification financière serrée et des stratégies d’achat adaptées.
Dans ce contexte, être bien informé et accompagné devient non seulement utile, mais essentiel.
Nous avons justement un épisode de balado sur l’accès à la propriété. Bien qu’enregistré en 2024, cet épisode de « Sans compromis avec Julie », aborde de façon intéressante ce sujet chaud qui touche de nombreux ménages.