Le marché immobilier au Québec en 2023 et ses perspectives pour 2024

Depuis quelques années, notamment chamboulé par la pandémie, le marché immobilier subit plusieurs rebondissements. Après plusieurs hausses des taux d’intérêt et caractérisée par des propriétés aux prix élevés, l’année 2023 a été marquée par une résilience du marché.

Voici le point sur le marché immobilier au Québec en 2023 et les prévisions de ce que nous réserve l’année 2024.


Points clés à retenir

  • Le marché immobilier de la revente a été résilient en 2023 avec une activité se rapprochant de la moyenne historique.
  • Le nombre de ventes résidentielles a observé un recul de 13% alors que le prix médian des unifamiliales est resté stable (415 200$ en 2022 et 413 200$ en 2023).
  • La plupart des marchés notent une hausse des prix médians à l’exception des RMR de Montréal et de Gatineau (baisse de 2%), où les prix sont les plus élevés.
  • L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) anticipe une stabilisation du marché immobilier en 2024 et des conditions plus équilibrées.

Les faits saillants du marché immobilier en 2023

Lors de sa conférence Fenêtre sur le marché immobilier, l’APCIQ a présenté son bilan du marché immobilier de l’année 2023.

Après 2020 et 2021 où les activités enregistrées ont atteint des sommets, le marché immobilier en 2022 et 2023 s’est refroidi et s’est caractérisé par une normalisation postpandémique.

Un marché immobilier de la revente résilient

En dépit de la hausse rapide des taux d’intérêt, le marché immobilier de la revente au Québec a été très résilient en 2023.

  • Les prix médians sont comparables à ceux de 2022, malgré la faiblesse de l’activité transactionnelle.
  • Avec 76 000 ventes estimées selon la base de données de Centris, l’activité de 2023 se rapproche de la moyenne historique des dernières années.

Des acheteurs expérimentés ont bénéficié d'un contexte de négociation plus serein, avec une diminution marquée des surenchères, surtout dans les marchés qui ont été les plus impactés par la pandémie. En parallèle, les premiers acheteurs ont trouvé des propriétés adaptées à leur budget, dans diverses régions du Québec plus abordables.

Selon le bilan de l’APCIQ, cette tendance est également liée à la reprise exceptionnelle des flux migratoires internationaux. Cette dynamique, associée à un marché de l'emploi solide et à la possibilité d'étaler à plus long terme les paiements hypothécaires, a empêché un retour massif de propriétés sur le marché.

Des marchés régionaux de la province encore favorables aux vendeurs

On note un déséquilibre encore persistant dans les régions où le prix médian est inférieur à celui de la province. Les prix des propriétés dans ces marchés plus abordables ont connu une croissance importante jusqu’à atteindre un nouveau sommet en 2023.

Ces régions font contrastes à celles où les prix sont plus élevés et où on enregistre un recul des prix.

Hausse des prix dans la plupart des régions métropolitaines de la province

À l’exception des RMR de Montréal et de Gatineau, les RMR de la province ont enregistré une hausse des prix supérieure à celle de la province, effaçant la correction de prix de 2022. Les RMR de Montréal et de Gatineau, les marchés où les prix des propriétés sont les plus élevés, ont noté une baisse de 2% pour le prix médian des unifamiliales.


Prix médian (unifamiliale)
Régions métropolitaines 2020 2021 2022 2023
Gatineau 312 000$ 400 000$ 450 000$ 440 000$
Montréal 400 000$ 495 000$ 550 000$ 541 000$
Québec 270 000$ 310 000$ 340 500$ 350 000$
Saguenay 187 500$ 213 250$ 242 000$ 260 000$
Sherbrooke 243 750$ 305 000$ 351 000$ 377 943$
Trois-Rivières 175 500$ 220 000$ 287 500$ 300 000$
Province de Québec 295 000$ 365 000$ 415 000$ 416 500$

Source des données: APCIQ

Que nous réserve le marché immobilier au Québec pour 2024?

L’APCIQ présente également ses prédictions pour le marché immobilier en 2024 dans son bilan. Dans les grandes lignes, le marché de la revente devrait se stabiliser et noter une activité comparable à celle de 2023.

Première année de stabilisation du marché de la revente

L’APCIQ estime que le marché immobilier résidentiel se stabilisera en 2024, avec une activité similaire à celle de l’année précédente, marquée par une légère baisse des ventes, estimée à 2%. Avec un taux d’inventaire de propriétés sous la moyenne historique et des conditions de marché plus équilibrées, les prix médians pour les maisons unifamiliales devraient demeurer relativement stables dans la province.

  • Avec le ralentissement plus marqué de l’économie, les taux d’intérêts devraient baisser en 2024.
  • La contraction du marché de l’emploi combinée à des prix toujours élevés participera à un ralentissement des ventes en début d’année 2024.
  • On prévoit une hausse des nouvelles inscriptions, se résultant par des conditions de marché plus équilibrées.

Selon Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché de l’APCIQ, « Cette période sera propice aux opportunités d’achat plus nombreuses et négociables pour les acheteurs qui seront en mesure d’en profiter. Cette situation sera de courte durée, car l’activité transactionnelle devrait être très réactive aux premières annonces de baisses de taux, prédisposant à une reprise plus franche du marché dans le courant de l’année. Cette reprise sera notamment soutenue par des flux migratoires élevés et les perspectives d’une reprise économique soutenue par des investissements structurants importants. »

Province de Québec
  Ventes résidentielles totales Prix médian (unifamiliale)
2020 112 157 (+16%) 295 000$ (+13%)
2021 109 464 (-2%) 365 000$ (+24%)
2022 87 081 (-20%) 415 000$ (+14%)
2023e 76 036 (-13%) 413 200$ (0%)
2024p 74 719 (-2%) 411 300$ (0%)

Source: APCIQ

Contrastes encore perceptibles des marchés dans les RMR de Montréal et de Québec

Les marchés des RMR de Montréal et de Québec ont évolués différemment pendant les années pandémiques. L’APCIQ anticipe toujours un contraste dans les deux marchés métropolitains pour 2024.

Dans la RMR de Québec :

  • Ralentissement des ventes pour se rapprocher de leur moyenne historique
  • Continuation de la progression des prix (+5% pour les unifamiliales, +1% pour les copropriétés)

Dans la RMR de Montréal :

  • Stabilisation de l’activité autour de 3500 transactions
  • Maintien des prix médians (+2% pour les unifamiliales, +1% pour les copropriétés)
RMR de Montréal
  Ventes résidentielles totales Prix médian (unifamiliale) Prix médian (copropriété)
2020 55 524 (+8%) 400 000$ (+18%) 305 000$ (+14%)
2021 54 445 (-2%) 495 000$ (+24%) 360 000$ (+18%)
2022 42 462 (-22%) 550 000$ (+11%) 395 000$ (+10%)
2023e 36 285 (-15%) 539 800$ (-2%) 390 200$ (-1%)
2024p 35 230 (-3%) 549 400$ (+2%) 395 600$ (+1%)

Source: APCIQ

RMR de Québec
  Ventes résidentielles totales Prix médian (unifamiliale) Prix médian (copropriété)
2020 10 766 (+28%) 270 000$ (+4%)  192 500$ (0%)
2021 10 311 (-4%) 310 000$ (+15%)  210 000$ (+9%)
2022 8 935 (-13%) 340 500$ (+10%)  230 000$ (+10%)
2023e 8 292 (-7%) 349 600$ (+3%)  241 700$ (+5%)
2024p 7 800 (-6%) 368 000$ (+5%)  244 900$ (+1%)

 Source: APCIQ

 

L’année 2024 pointe vers un marché immobilier plus stable et plus prévisible. Il est tout de même judicieux pour les futurs acheteurs et vendeurs de rester informés et attentifs sur l’évolution du marché et des taux d’intérêt en 2024. Rien ne permet de prédire l’avenir avec exactitude et donc le meilleur conseil reste toujours, sans faille, d’écouter ses besoins et d’agir au moment qui est le plus opportun pour soi.

 

Sources

Bilan de l’APCIQ : Le marché immobilier se stabilisera en 2024, jetant les bases d’une reprise du marché dans des conditions plus équilibrées
Baromètre du marché immobilier résidentiel de l’APCIQ